Culture - Le cinéma, c'est aussi de l'aménagement du territoire

Dans le dernier numéro de sa lettre d'information "En Bref", le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) publie une étude sur un thème qui sort un peu de ses champs d'intervention habituels : le cinéma. Intitulée "Pour une offre cinématographique dans tous les territoires, reflétant la diversité de la société", l'étude passe en revue les interventions du CGET en matière de septième art.

"Un acteur à part entière de l'industrie cinématographique"

L'organisme n'hésite d'ailleurs pas à se revendiquer comme "un acteur à part entière de l'industrie cinématographique", en précisant que "les disparités territoriales en matière d'accessibilité aux services, au cœur de ses préoccupations, le conduisent à promouvoir une implantation équilibrée des lieux de diffusion fixes ou mobiles".
Cette participation s'exerce surtout par le biais du partenariat avec le Centre national de la cinématographie (CNC), qui pilote la plupart des dispositifs concernés. La commission nationale d'attribution des aides sélectives à la création et à la modernisation de salles - rattachée au CNC et à laquelle participe le CGET - apporte ainsi une aide financière à l'investissement pour la construction ou la rénovation des salles de cinémas, en particulier dans les zones insuffisamment équipées (24 projets financés en 2015 dans des unités urbaines de moins de 20.000 habitants).
Le CGET a également financé, en partenariat avec le ministère de la Culture, une étude originale de l'Association nationale des cinémas itinérants (Anci). Celle-ci a mis en évidence l'existence de 98 circuits de cinémas itinérants en France - dont 89% associatifs - offrant 1.762 points de projection dans les territoires éloignés des salles fixes. Ces points de projection - présents dans les deux tiers des départements - sont implantés majoritairement dans des territoires ruraux (90% de communes de moins de 5.000 habitants et même 70% de moins de 2.000 habitants). Au total, les cinémas itinérants ont réalisé 31.300 séances en 2014 et génèrent 380 emplois directs, auxquels s'ajoutent 4.200 bénévoles.

Un rôle d'éducation à l'image

En outre, ces circuits itinérants assurent aussi un rôle d'éducation à l'image. Plus de la moitié des circuits itinérants proposent de telles séances, avec la mise en place d'événements qui dépassent la seule diffusion de films : ciné-débats, soirées spéciales ou thématiques, présence d'intervenants spécialisés ou de personnalités du cinéma, ciné-concerts... Résultat : "On constate également que la proportion de films français, de séances art et essai et de séances jeune public est plus importante que dans les salles fixes".
La publication s'attarde aussi sur un autre aspect du rôle du CGET en matière de cinéma, mais moins directement en phase avec l'aménagement du territoire. Il s'agit, en l'occurrence, de la promotion des images de la diversité dans la production cinématographique. Par le biais de la "commission Images de la diversité" - autrefois portée par l'ex-Acsé et le CNC - puis du "fonds Images de la diversité", financé par le CNC et le CGET (1,4 et 1,2 million d'euros par an), plus de mille projets ont été soutenus entre 2007 et 2015, pour un montant total de plus de 28 millions d'euros. 

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