Admininistration numérique - Réorganisation du SGMAP : une direction unique pour le numérique

Le secrétariat général pour la modernisation de l'action publique (SGMAP) a achevé sa mue avec la publication, le 22 septembre dernier, du décret n°2015-1165 procédant à sa réorganisation au sein de deux directions nouvelles. On retrouve d'un côté la direction interministérielle pour l'accompagnement des transformations publiques (Diat) et de l'autre la direction interministérielle du numérique et du système d'information et de communication de l'Etat (Dinsic).

Une direction unifiée pour le numérique

L'ensemble des compétences et des métiers du numérique, autrefois dispersés entre la Disic, à la mission Etalab ou au sein de la Dimap, ont été rassemblées au sein de la Dinsic. Cette nouvelle direction agrège désormais, autour de la composante DSI, l'ensemble des compétences relatives aux usages ou à l'innovation numériques ainsi qu'à la data publique. Ses missions évoluent en conséquence puisque comme le précise l'article 5 du décret, elle aura à charge d'ouvrir les données publiques, de promouvoir les innovations en matière de TIC, de s'assurer de l'interopérabilité des SI et d'organiser au besoin leur mutualisation, d'élaborer les différents référentiels généraux ou encore de définir les procédures d'externalisation, de sous-traitance et d'achat. Elle aura également son mot à dire sur la gestion des agents de l'Etat spécialisés dans les TIC. Plus globalement, elle participera à la définition de la position française en matière de TIC sur la scène internationale et devra contribuer à l'économie du secteur par la promotion de l'innovation et de la compétitivité. Cette concentration d'attributions devrait permettre d'envisager les projets numériques selon un mode d'intégration verticale, avec un suivi de bout en bout associant l'ensemble des métiers.

Une réorganisation souhaitée et attendue

Notamment impulsées par Jacques Marzin (Disic) et Henri Verdier (mission Etalab), qui a pris la tête de la Dinsic, ces évolutions relevaient d'une volonté en interne de réunir les différents métiers numériques. L'expérience accumulée lors du développement de France Connect - qui a mobilisé aussi bien des compétences liées aux usages qu'à la data, à l'innovation à travers une organisation du travail agile, à l'image de ce qui peut exister dans les startups - semble avoir facilité et inspiré la réorganisation. Afin de renforcer les synergies, la réorganisation des compétences s'accompagnera d'une réorganisation spatiale d'ici quelques semaines, qui permettra de rassembler les différents métiers au sein d'un espace commun alors que les agents sont aujourd'hui dispersés. Les conditions semblent aujourd'hui réunies pour poursuivre mais surtout accélérer le développement et la mise en œuvre des projets numériques à l'image de l'ambitieuse stratégie de l'Etat plateforme.

Philippe Parmantier / EVS

La Diat : l'autre partie du nouveau SGMAP
La Diat (direction interministérielle pour l'accompagnement des transformations publiques) coordonne quant à elle les travaux d'amélioration de l'action des administrations au profit des usagers. Portée sur les problématiques ne relevant pas du numérique, elle aura notamment à charge de moderniser la gestion publique sur la base d'un travail de consultation des usagers, des agents et des partenaires et d'amélioration des services et des outils. Autre volet important, celui de la simplification. La Diat devra coordonner et accompagner l'action des ministères en la matière, de la détection des besoins jusqu'à la mise en œuvre des solutions. Elle participera également à l'évaluation des politiques publiques.
Ph.P

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