Tourisme - Le troisième âge, nouvel eldorado du tourisme

Eurostat - l'office de statistiques de l'Union européenne - publie dans sa série "Statistics in focus" une étude sur le tourisme des plus de 65 ans. Elle montre notamment que cette catégorie de la population a consacré au tourisme, en 2011, des dépenses supérieures d'un tiers à leur niveau de 2006. Selon Eurostat, cette tranche d'âge bénéficie à la fois d'un pouvoir d'achat important et de temps disponible pour les loisirs. A ce titre, elle constitue "un marché potentiel significatif", mais "cela signifie que le secteur doit évoluer pour répondre aux attentes de cette population".
L'étude va même plus loin en démontrant que le troisième âge a joué un rôle essentiel dans le sauvetage du secteur du tourisme, durement touché par la crise économique mondiale. Ainsi, alors que toutes les autres tranches d'âge - et surtout les 25-44 ans - ont réduit leurs activités et leurs dépenses touristiques entre 2006 et 2011, les seniors européens affichent des indicateurs en hausse systématique : +33% sur la période pour les dépenses touristiques, mais aussi +10% pour le nombre de touristes (une tendance qui va se poursuivre avec le vieillissement de la population européenne), +29% pour le nombre de voyages effectués et +23% pour le nombre de nuitées. En 2011, près de la moitié (46%) des seniors a réalisé au moins un séjour de vacances de quatre jours et plus. Conséquence de ces tendances de fond : la part du troisième âge dans les dépenses touristiques européennes est ainsi passée de 15% du total en 2006 à 20% en 2011...

Des touristes en or

Ces aspects quantitatifs se doublent d'une dimension "qualitative". Les seniors sont en effet une clientèle particulièrement intéressante pour les opérateurs et pour les communes touristiques. Outre qu'elle se livre assez peu au "binge drinking" et autres activités perturbant l'ordre public, elle reste plus longtemps sur place et dépense davantage durant son séjour (11% de plus que le chiffre constaté en population générale). L'étude d'Eurostat montre en effet que les seniors européens n'apprécient guère les séjours de courte durée ("short breaks"), puisque ceux-ci ne représentent que 16% de leurs dépenses touristiques, contre 23% pour l'ensemble de la population. Leur préférence va aux séjours longs, avec une prédilection pour les vacances domestiques (dans le pays d'origine). Ainsi 37% de leurs dépenses touristiques vont à des séjours longs domestiques, contre 28% chez les 25-44 ans. Ils ne dédaignent pas pour autant les séjours longs à l'étranger, auxquels ils consacrent une part de leurs dépenses touristiques très proche de celle des 25-44 ans (respectivement 47% et 45%).
Ces tendances générales recouvrent toutefois des écarts importants entre pays membres. Ainsi, la France confirme son rang en matière de vacances, seule Chypre faisant mieux : les touristes français de 65 ans et plus réalisent en moyenne 37,6 nuitées par an, contre 24 pour les 25-44 ans (compte tenu de la définition, ces moyennes intègrent uniquement les personnes prenant effectivement des vacances hors de chez elles). En revanche, la dépense touristique moyenne des seniors français (1.771 euros) est très proche de la moyenne nationale (1.742 euros). Cette dépense se situe néanmoins à un rang élevé en Europe, loin toutefois derrière le touriste luxembourgeois, qui demeure le rêve de tous les opérateurs et communes touristiques avec une dépense moyenne annuelle de 6.881 euros pour ses activités de loisirs. 

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