Transports - L'Ile-de-France veut accroître la part des transports en commun, du vélo et de la marche

La région Ile-de-France a présenté le 9 février le projet de plan de déplacements urbains (PDU) préparé par le Stif (Syndicat des transports d'Ile-de-France), l'autorité organisatrice des transports en commun franciliens. Ce document stratégique pour penser les modes de déplacement des 12 millions d'habitants de la région à l'horizon 2020 vient d'être adopté par le conseil du Stif, après consultation de l'ensemble des partenaires du transport, des associations d'usagers et des habitants eux-mêmes - 9.000 personnes ont répondu aux questionnaires qui leur étaient soumis. La question des transports dans la région capitale est un défi de taille comme en attestent ces quelques chiffres sur la mobilité des Franciliens : 35 millions de déplacements quotidiens, 170 millions de km parcourus chaque jour dont près de 100 millions en voiture ; 180 km de bouchons chaque matin ; 25% de hausse du trafic dans les transports en commun en dix ans ; ou encore 1 h 30 consacrée en moyenne chaque jour par habitant pour se déplacer, et plus de 2 h pour 20% d'entre eux.
Le PDU doit servir de "feuille de route pour la prochaine décennie", selon l'expression de Pierre Serne (EELV), vice-président en charge des transports. "On est sur des montants de plusieurs milliards d'euros, dont trois milliards d'investissement de la part de la région", a-t-il fait valoir lors de sa présentation.

Rendre bus et tramways plus attractifs

Le nouveau PDU, compatible avec le projet de schéma directeur régional (Sdrif) en cours de révision, intègre le plan de modernisation du réseau de transport existant, notamment l'amélioration des RER, et prend aussi en compte le métro automatique du Grand Paris express. Il prévoit "quatre nouvelles mesures prescriptives" pour accompagner les objectifs de croissance de 20% des déplacements en transports en commun, de 10% pour le vélo et la marche, et la baisse de 2% des déplacements en voiture ou deux-roues motorisés.
Concrètement, pour rendre bus et tramways plus attractifs, "il est demandé aux gestionnaires de voirie de leur assurer la priorité aux carrefours". Il faudra aussi une proportion minimale de places de stationnement pour les vélos sur la voirie ainsi qu'un nombre de places minimum pour les vélos dans toute construction nouvelle.
Enfin, il s'agira d'établir des normes, maximales cette fois, de places de stationnement pour les voitures dans les nouveaux bureaux. Selon Pierre Serne, "toutes les études montrent que le facteur qui pousse le plus les gens à utiliser leur voiture entre leur domicile et le travail est d'y avoir une place gratuite". "Ces normes devront être traduites dans les plans locaux d'urbanisme (PLU) mais, a insisté Pierre Serne, elles ne seront pas identiques" en tout point du territoire : "Plus on s'éloignera d'un transport en commun, moins la norme sera contraignante, et inversement."
Ce document sera débattu lors de la séance plénière du conseil régional les 16 et 17 février prochains. Le PDU fera l'objet d'une enquête publique, qui sera conduite en même temps que celle sur le Sdrif. Il sera soumis à l'avis de l'Etat et devrait entrer formellement en application au deuxième semestre 2013, après un vote final par la région.

Anne Lenormand avec AFP

A nouveau PDU, nouveau partage des responsabilités

Pour la mise en oeuvre de ce nouveau PDU, qui devrait mobiliser 3,15 milliards d'euros sur les dix prochaines années, la région entend revoir l'ensemble des politiques concernées par le plan, "dans un souci d'efficacité, de responsabilité et de lisibilité pour l'ensemble des acteurs franciliens", affirme-t-elle dans un communiqué. Les financements régionaux se concenteront donc "sur les projets essentiels à l'évolution de la mobilité en Ile-de-France : réseaux de transport en commun en site propre (TCSP) et de bus à haut niveau de service  Tzen, voies réservées sur autoroutes, grands pôles régionaux, grands aménagements routiers sur les points noirs du réseau, réseau cyclable d'intérêt régional, lutte contre le bruit, écomobilité et fret. De son côté, le Stif, qui est financé à 51% par la région, se concentrera sur l'exploitation des réseaux : aménagement des axes bus Mobilien, modernisation des pôles PDU, remise en état conventionnelle des gares, réalisation des parkings-relais et des gares routières ainsi qu'accessibilité des bus.
A. L.

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