Géographie du cinéma 2016 - Dans les petites villes, "le cinéma est souvent le dernier lieu culturel encore ouvert"


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Cinéma Le Paris à Caudebec-en-Caux, ouvert depuis novembre 1956, où de belles soirées sont parfois organisées
© Ville de Rives-en-Seine | Cinéma Le Paris à Caudebec-en-Caux, ouvert depuis novembre 1956, où de belles soirées sont parfois organisées

Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) publie sa "Géographie du cinéma 2016", doublée des "Chiffres clés par région". Cette nouvelle édition est une véritable somme sur le cinéma au sens large, appréhendé tout particulièrement dans sa dimension territoriale. Une activité culturelle et de loisirs qui, en dépit des prophéties pessimistes et récurrentes sur son avenir sombre (chaînes dédiées, plateformes de téléchargement légal ou non, VOD, internet...), continue de se bien porter. Et qui joue aussi un rôle dans le développement territorial. Comme l'explique Frédérique Bredin, la présidente du CNC, "dans les petites communes, le cinéma est souvent le dernier lieu culturel encore ouvert". Après avoir présenté les données nationales, l'ouvrage propose en effet des approches par régions, par départements, par unités urbaines, puis par communes, en détaillant à chaque niveau le parc et la programmation.

Un parc de salles et d'écrans toujours en extension

La France se situe au premier rang européen, avec 2.045 établissements regroupant 5.843 écrans et 1.099.615 fauteuils. Ces chiffres donnent un ratio de 9 écrans pour 100.000 habitants, le plus élevé d'Europe. Malgré la concurrence d'autres modes de consommation, ce parc s'est encore renforcé en 2016, avec 12 établissements de plus et 102 écrans supplémentaires. Malgré ce bon résultat, le nombre d'établissements tend toutefois à se réduire légèrement sur le moyen terme (2.055 en 2007), mais le nombre d'écrans ne cesse en revanche de progresser (5.316 en 2007). Toujours de façon tendancielle, le nombre de petits établissements baisse progressivement au profit des grands.
Pour être complet, il faut ajouter à ces chiffres 32 établissements et 72 écrans dans les DOM, ainsi que 103 circuits itinérants actifs en 2016. Ces derniers jouent un rôle économique modeste - 0,5% des séances et 0,6% des entrées -, mais assurent une présence bienvenue dans des zones rurales.
Cette densité permet à la France de bénéficier d'"un ancrage territorial unique". Près de 1.700 communes sont ainsi équipées d'au moins une salle de cinéma, ce qui permet à près de 70% de la population de disposer d'un cinéma à proximité de chez elle et "d'avoir accès à l'activité culturelle préférée des Français". Une opportunité largement utilisée, puisqu'en 2016, plus des deux tiers des Français sont allés au cinéma au moins une fois dans l'année.

Des entrées en hausse de 4%

En termes de fréquentation, les Français sont les cinéphiles les plus assidus d'Europe, avec des entrées en hausse de 4% en 2016. La France enregistre en effet en moyenne 3,3 entrées par habitant et par an, contre 2,6 au Royaume-Uni, 2,2 en Espagne, 1,9 en Italie et 1,5 en Allemagne. Le CNC explique ces bons résultats "par un parc de loin le plus important d'Europe, mais aussi par sa modernité (100% des salles numérisées) et la diversité de l'offre cinématographique".
Le prix ne semble pas un obstacle à la fréquentation des salles obscures, notamment avec le développement des formules d'abonnement. Les tarifs présentent toutefois des écarts significatifs selon les territoires. Si le prix moyen d'une entrée est de 6,51 euros en 2016, il varie selon la taille de l'agglomération. Il s'élève ainsi à 6,77 euros dans l'agglomération parisienne, contre 5,26 euros dans les unités urbaines de moins de 50.000 habitants.

Les QPV n'ont pas la haine contre le cinéma

Contrairement à une idée reçue, les banlieues ne sont pas un désert cinématographique : la densité du parc y est en effet plus élevé que sur l'ensemble du territoire, avec un fauteuil pour 32 habitants contre un fauteuil pour 58 sur la France entière. Le rapport consacre d'ailleurs une dizaine de pages au "cinéma dans les quartiers prioritaires de la ville" (QPV). L'étude montre notamment que 475 communes comptant un QPV sur leur territoire disposent d'au moins un cinéma, ce qui représente la quasi-totalité (93,1%) des communes avec QPV et 28,2% des communes dotées d'un cinéma. Au total, 742 cinémas (36,3% du parc total) et 3.427 écrans (58,7%) sont ainsi implantés dans ces quartiers.
Les habitants des QPV ont un accès facile aux salles de cinéma. Près des deux tiers (63,8%) des entrées réalisés en France le sont dans 
des communes abritant des QPV
 (un chiffre spectaculaire, mais au demeurant un peu biaisé, dans la mesure où une ville comptant un quartier QPV - comme Paris - peut aussi disposer de cinémas dans d'autres quartiers de la commune).
Contrairement à une autre idée reçue, la programmation des salles situées dans les QPV ne se différencie pas de la moyenne nationale. Les films français y représentent 35,4% des entrées et les productions américaines 53,3%. Les films dits "recommandés" - bénéficiant d'une classification Art et essai - y constituent 22,3% des entrées.
De façon plus large, la fréquentation des salles labellisées "Art et essai" se porte bien. Elle a en effet progressé de 9,2% en 2016. Les séances correspondantes ont ainsi représenté près de 36% des séances réalisées en 2016 et 32% des entrées.

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