L'Ile-de-France veut favoriser le décollage du covoiturage


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L'Ile-de-France a annoncé lundi 18 septembre un ensemble de mesures pour encourager le covoiturage au quotidien. Ce mode de déplacement est jugé crucial par la présidente de région, Valérie Pécresse, pour lutter contre les embouteillages et la pollution, en complément des transports en commun.

Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et d’Ile-de-France Mobilités (ex-Stif), l'organisme gestionnaire des transports dans la région, a présenté le 18 septembre une série de mesures visant à encourager le covoiturage pour les trajets quotidiens. "Il s'agit de faire changer les comportements des Franciliens, de leur faire adopter la voiture partagée", a résumé la présidente de région, en concédant que "ça ne se fera pas en un jour".
Valérie Pécresse était accompagnée de représentants de 17 start-up spécialisées dans le covoiturage. Alors que 16 millions de trajets quotidiens sont effectués sur les routes d’Ile-de-France, occasionnant 250 km de bouchons, ces entreprises, via des plateformes et applications numériques, s'efforcent de lutter contre le taux d'occupation très bas des voitures individuelles. "Selon les études, c'est 1,1 ou 1,3 occupant par véhicule en Ile-de-France sur les routes tous les matins et tous les soirs", a rappelé Valérie Pécresse. "Si on arrive à avoir deux occupants par voiture en moyenne, on enlève un tiers de voitures des routes, c'est considérable", a-t-elle dit.
Les "jeunes pousses" qui se sont lancées sur le créneau du covoiturage proposent différents modèles : lignes virtuelles, recrutement sur des bassins d'emploi, auto-stop numérique... Valérie Pécresse a toutefois estimé que "le covoiturage courte distance a besoin d'aide pour se développer" et atteindre une masse critique, en affirmant que le modèle de certains "ne décollait pas".
Pour tenter d'amorcer la pompe, Ile-de-France Mobilités va donc subventionner chacune des 17 entreprises à hauteur de 50.000 euros maximum pour que, pendant trois mois, elles puissent lancer des offres promotionnelles, comme le versement de deux euros par conducteur ou passager.

Places de parking relais

Pour inciter les usagers à recourir à ces start-up, les services de huit des 17 entreprises vont être intégrés dans le moteur de recherche d'itinéraires ViaNavigo, consulté selon Valérie Pécresse par 3,5 millions de personnes par mois. La dirigeante de l'exécutif francilien, qui a donné rendez-vous en décembre pour un bilan de l'opération, a aussi annoncé la construction d'ici à
2021 de 10.000 nouvelles places de parking relais à proximité des gares franciliennes. Certaines d'entre elles seront réservées aux "covoitureurs", ces derniers pouvant obtenir des tarifs réduits en validant leurs cartes Navigo.
Enfin, Valérie Pécresse a dit qu'elle demanderait à l'Etat, dans le cadre des Assises de la mobilité qui s'ouvrent cette semaine, l'ouverture de futures voies de bus autoroutières au covoiturage, évoquant l'A10 (sud-ouest de Paris), l'A12 (nord-ouest) et l'A3 (est).
La ministre chargée des transports, Elisabeth Borne, a déjà manifesté ses bonnes dispositions vis-à-vis de ces solutions. "Il est temps que nous arrêtions de penser uniquement en termes d'infrastructures nouvelles, quand nous avons encore des réserves de capacité aussi considérables. Les enjeux immédiats à cet égard seront notamment de faire décoller le covoiturage domicile-travail", a-t-elle affirmé le 13 septembre dernier.
Ces mesures vont "rapidement permettre de créer un réseau de transport en commun complémentaire du réseau existant", s'est réjouie la start-up Karos, qui revendique avoir réalisé 60.000 trajets franciliens en 12 mois. L'intégration dans ViaNavigo constitue un "excellent moyen de ‘casser le réflexe’ de la voiture individuelle", a dit Julien Honnart, président d'une société concurrente, WayzUp. Parmi les autres acteurs du secteur figurent aussi BlaBlaLines, service du champion du covoiturage longue distance BlaBlaCar, ou encore iDVroom (filiale de la SNCF).
"On verra quel modèle rencontrera son marché", a dit Valérie Pécresse en défendant l'idée de "donner leur chance à tous les modèles". Selon une étude publiée en mai dernier par l'observatoire de la mobilité en Ile-de-France, 41 millions de déplacements par jour ouvrable sont effectués par les Franciliens, dont 15,5 (38%) en voiture. Plus de la moitié de cette part des déplacements (8,7 millions) est effectuée par des personnes seules à bord.

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