Concessions hydrauliques, eau, alimentation : Nicolas Hulot apporte de nouvelles précisions aux sénateurs


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Audition de Nicolas Hulot devant la commission des affaires économiques du Sénat
© Sénat.fr | Audition de Nicolas Hulot devant la commission des affaires économiques du Sénat

Auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat le 18 juillet, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a une nouvelle fois détaillé sa feuille de route, notamment en matière d’énergie. Concernant l'hydroélectricité, la Commission européenne a mis en demeure la France d'ouvrir à la concurrence ses barrages, aujourd'hui essentiellement concédés par l'Etat à EDF, pour introduire plus de concurrence dans ce secteur. "On ne pourra pas repousser en permanence l'échéance", a jugé Nicolas Hulot. Pour répondre à Bruxelles, la loi sur la transition énergétique de 2015, a introduit la possibilité de créer des sociétés d'économie mixte (Sem), au capital partagé entre public et privé, et la possibilité de prolonger les concessions en contrepartie de la réalisation de travaux nécessaires. Au-delà de ces deux options, la France n'a "pas beaucoup d'autres marges de manoeuvre", a expliqué le ministre, pointant le risque de voir la France "rentrer dans des contentieux qui sont lourds", et qui pourraient porter préjudice à EDF, exploitant 85% de la puissance installée dans l’Hexagone.
Nicolas Hulot a par ailleurs annoncé qu’il présentera "au conseil des ministres du 9 août" un "plan" sur la gestion de la ressource en eau. "Nous sommes déjà dans une situation de stress hydrique importante que les variations climatiques ne vont pas arranger", avec "des précipitations qui tombent au mauvais moment et d'une manière trop intensive", a-t-il souligné. Ce sujet "va demander la participation de tous les acteurs" concernés par les usages de l'eau, a-t-il dit, estimant que si certains ont une utilisation importante de l'eau qui est justifiée, ce n'est pas le cas de tous. Il a ainsi plaidé pour une "rationalité de l'utilisation de la ressource", évoquant des situations "totalement aberrantes", comme l'interdiction d'utiliser les eaux usées traitées pour certains usages.
Il a en outre affirmé devant les sénateurs de la commission des affaires économiques qu’il attendait "beaucoup" des états généraux de l'alimentation, qui vont être lancés ce 20 juillet (lire notre article de ce jour), et peuvent être selon lui un grand "moment d'ambition collective". "Je fais un rêve : que les Etats généraux de l'alimentation permettent de combiner tous les points de vue", a dit le ministre. Selon lui, "le contexte est favorable pour faire tomber les postures". "J'espère que d'ici septembre, concernant la répartition de la valeur (entre producteurs et intermédiaires, ndlr), le ministre (de l'Agriculture) aura pu, provisoirement, apaiser les choses, pour qu'après on puisse avoir une conversation prolongée", a-t-il dit. "Il y a de la place pour une diversité de productions agricoles", a-t-il ajouté. "Il y a une demande sociétale d'alimentation de qualité, en bio notamment, qui n'est pas couverte par nos paysans (...). La France est le pays qui consomme le plus d'intrants, et les seuls qui gagnent bien leur vie dans ce domaine sont les fabricants de produits chimiques". "On peut diversifier les revenus" des agriculteurs, a-t-il encore dit : "Quand il élève son bétail avec de la prairie, il séquestre du carbone. Les agriculteurs peuvent participer à la transition écologique, à la lutte contre le changement climatique... mais il faut qu'ils s'y retrouvent."
Pour lui, "il y a un contexte nouveau qui devrait nous permettre de concilier les points de vue". "Quand on a fait le Grenelle de l'environnement (à partir de l'automne 2007), on était dans des postures : entre acteurs économiques, ONG... Au final ça a produit de l'intelligence. Et je suis certain que ces Etats généraux peuvent en produire. Donc j'attends beaucoup."
 

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