L'emploi dans l'ESS en 2016 : les associations résistent, les coopératives en difficulté


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Les derniers chiffres de Recherches et Solidarités montrent une légère hausse de l'emploi dans l'économie sociale en 2016, correspondant notamment à une augmentation de 0,7% dans les associations et une baisse de 0,9% dans les coopératives. Autre indicateur de santé pour l'ESS sorti récemment : l'Atlas 2017 du CNCRESS avec, en particulier, une analyse de onze types de "territoires d'ESS".  

L'association Recherches et Solidarités a récemment publié son portrait 2016 de l'emploi dans l'économie sociale. Les associations, les coopératives, les fondations et les mutuelles - qui constituent cette économie sociale - représentent 202.000 établissements et disposent de 2,4 millions de salariés. Près d'un emploi privé sur huit est un emploi de l'économie sociale (ES).
Au sein de cet ensemble, les emplois associatifs sont majoritaires (1,9 million, soit 9,8% de l'ensemble du secteur privé), les emplois coopératifs (314.000, soit 1,7%) et mutualistes (157.000, soit 0,8%) ne sont pas négligeables et les emplois les moins nombreux sont ceux offerts par les fondations (85.000, soit 0,5%).

Plus d'établissements mais moins d'emplois dans le régime agricole

En 2016, pour la première fois depuis sept ans, l'économie sociale a créé moins d'emplois (+ 0,4%) que le secteur privé hors ES (0,9%). Avant cela, "les effectifs salariés d’économie sociale [avaient] progressé de 6%, entre 2008 et 2015, quand l’ensemble de l’emploi privé (hors ES) fléchissait de 1%". "Au bilan de ces 8 années, le secteur de l’économie sociale a vu ses effectifs progresser nettement, quand le secteur privé (hors ES) se situe au même niveau qu’en 2008", peut-on lire dans l'étude.
Recherches et Solidarités constate au sein de l'économie sociale des évolutions différentes entre les régimes général et agricole : entre 2015 et 2016, le régime agricole a gagné des établissements mais perdu des emplois, alors que le régime général est caractérisé par une tendance inverse.

L'emploi dans les associations et les fondations sur une pente ascendante

Avec une hausse de 0,7% des effectifs, "le redressement de l'emploi associatif se confirme en 2016", note avec satisfaction le réseau d'experts. L'ensemble ne serait toutefois pas homogène, avec la persistance de difficultés dans les secteurs de l'aide à domicile et de la culture.
Autres évolutions constatées : "un secteur des fondations en plein développement", "une nouvelle érosion du secteur coopératif" avec une baisse de 0,9% des effectifs - en particulier du fait des coopératives agricoles - et "un secteur mutualiste en évolution constante".

En Bretagne, l'économie sociale dans l'emploi pèse deux fois plus qu'en Ile-de-France

Recherches et Solidarités publie par la même occasion le bilan de l'emploi de l'économie sociale dans chaque région. Le poids de ces emplois dans l'économie privée est toujours fortement variable d'une région à l'autre : de 16% en Bretagne et à la Réunion à 8,8% en Ile-de-France.
A l'échelon départemental, les sept départements qui ont plus de 20% d'emplois d'ES sont caractérisés par l'emploi associatif (la Lozère, le Cantal, l’Aveyron et la Haute-Loire), mutualiste (la Creuse, les Deux-Sèvres) ou celui des fondations (Tarn).

 

Onze types de "territoires d'ESS" identifiés

L'Observatoire national de l'ESS porté par le Conseil national des chambres régionales de l'ESS (CNCRESS) a récemment sorti son Atlas 2017. Ce dernier est organisé en six chapitres : Démographie d'entreprises ; Engagement, travail, emploi ; Développement économique (dont des points sur les outils de financement et l'accès aux marchés publics) ; Secteurs d'activité ; Territoires ; Enjeux et mutations.
L'Atlas propose en particulier une typologie de territoires d'ESS, avec une analyse intéressante des onze types identifiés : territoire d'ESS traditionnelle (dont la Touraine, la Gironde et le Jura) ; territoire d'ESS d'intérêt général (tel que l'Alsace) ; territoire de solidarité sociale associative (petites villes désindustrialisées du nord) ; territoire d'ESS identitaire et innovante (Pays basque, Bretagne) ; territoire d'ESS centrale et plurifonctionnelle (vallées alpines, Massif central) ; territoire de grandes entreprises ESS (Niort avec la Maif, Berck avec Opale…) ; territoire d'entreprises coopératives (la Champagne et les coopératives vinicoles) ; territoire de coopération économique (les pôles territoriaux de coopération économique) ; territoire urbain d'économie classique (les grandes villes, où l'ESS "a une place non négligeable, mais bien délimitée" et reste "largement dépendante des collectivités territoriales") ; territoire en manque de solidarité d'ESS ("certaines banlieues aisées", dans les Hauts-de-Seine par exemple) ; territoires de villes ESS (Nantes, villes bretonnes). 
C. M.
 

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